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OCTOBRE 2003 / RÉFLEXION L'enquête québécoise sur le tabagisme chez les élèves du secondaire qui a été réalisée à l'automne 2000 par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) auprès de 4 730 élèves du secondaire dévoile que : Alors que le tabagisme a atteint son plus bas niveau (15%) chez les jeunes du secondaire, la consommation de cannabis a, quant à elle, bondi en flèche (20%) !
Un élève sur cinq consomme fréquemment
du cannabis que ce soit sur une base hebdomadaire (15%) ou quotidienne
(4.8%). En France aussi on observe cette même tendance comme le démontre une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) chez des adolescents de 17 à 19 ans ont réduit leur consommation de tabac mais boivent plus d'alcool et fument plus de cannabis. L'enquête, nommée Drogues et adolescence, a été réalisée, en 2002. (1)
Et si les campagnes "antitabac" avait des effets
pervers... Depuis plusieurs années nous assistons à de virulentes campagnes anti-tabagisme mais celles-ci semblent avoir eu des résultats inattendus. Si effectivement ces campagnes ont eu des impacts sur la baisse de la consommation de tabac puisque fumer est dorénavant moins intéressant ("c'est pas cool") elles ont eu, très probablement, aussi pour effet de rendre le cannabis plus attrayant. Les jeunes ont souvent le besoin de se distinguer, de faire quelque chose qui symbolise leur passage à la vie adulte. Autrefois la consommation d'alcool et de cigarettes semblait répondre, en partie, à ce besoin. Aujourd'hui non seulement fumer n'est pas "cool" mais la frontière entre une drogue légale (le tabac) et illégale (le cannabis) est très mince dans la perception des jeunes. Tant qu'à consommer une drogue quasiment illégale, dangereuse et pas "cool" (le tabac) pourquoi ne pas consommer quelque chose de "cool", de plus "buzzant" et distinctif (le cannabis)? En ce sens, le désir de la direction de la santé publique de Montréal Centre d'interdire aux élèves de fumer dans les cours des écoles secondaires est un pas dans la mauvaise direction qui risque d'amplifier le phénomène décrit ci haut. Mesure de prévention... Mieux informer En lieu et place de mesures de répression accrues sur les jeunes consommateurs de tabac, ne vaudrait-il pas mieux s'en tenir aux mesures existantes et mettre de l'avant une campagne de prévention afin de mieux informer les jeunes sur les risques reliés à la consommation de cannabis et de drogues illégales ? Moderniser la notion de dépendance physique Depuis plusieurs années la neuropsychologie a fait des avancées considérables. Grâce à cette science nous comprenons mieux aujourd'hui, entre autres, les mécanismes d'action des neurotransmetteurs et le rôle joué par ceux-ci dans le développement des dépendances et des conduites addictives (toxicomanie, jeu compulsif, etc.). Il serait maintenant nécessaire que l'on prenne en compte ces découvertes lorsqu'on définit ce qu'est une dépendance physique. (2) Le cannabis, quoi qu'on en dise, est maintenant une drogue puissante puisque son taux de THC a plus que quintuplé ces 10 dernières années. Contrairement à la croyance populaire, elle peut entraîner une forte dépendance "physique" puisque sa consommation régulière joue sur une grande quantité de neurotransmetteurs qui eux modifient la chimie du cerveau. Ces modifications neurochimiques peuvent prendre, selon les individus, plusieurs mois avant de revenir à la normal après l'arrêt de la consommation. Selon la définition en vigueur d'une dépendance physique, la cocaïne n'entraîne pas plus de dépendance que la cannabis. Ce qui n'empêche pas cette drogue d'être très addictive et ce, justement à cause de ses impacts sur la chimie du cerveau... La dépendance physiologique au cannabis chez ses utilisateurs réguliers, si elle est moins spectaculaire que celle reliée à l'héroïne et l’alcool, n’en est pas moins réelle ! Altération du jugement et des facultés intellectuelles L'altération du jugement que provoque la consommation de cannabis n'est pas à négliger... Les jeunes sont, sous l'influence de ce psychotrope, moins aptes à prendre des décisions et sont plus enclins à se mettre dans des situations à risques, par exemple : relations sexuelles non désirées ou non protégées; conduite automobile avec les facultés affaiblis. À ce sujet, de nombreux jeunes ignorent encore que conduire une automobile sous influence du THC est tout aussi dangereux et criminel que sous l'effet de l'alcool. Malheureusement, les tests actuels ne décèlent que sa présence (sur plusieurs semaines) dans l'organisme et pas le moment ou il a été consommé. Selon la GRC, 80% des accidents d'automobiles mortels chez les moins de 24 ans impliquent une consommation d'alcool et de cannabis... Plusieurs études ont démontré que les effets délétères du cannabis peuvent durer de 48 à 72 heures après sa consommation ! Et les études....
La consommation de cannabis affecte
grandement les résultats scolaires. Elle entraîne une diminution de la
motivation, de l'attention, de la concentration et de la mémoire court
terme jusqu'à 72 heures. Le Q.I diminue de façon significatives (+/-5%;
réversible). Selon le CPLT, 80% des décrocheurs abusent de drogues,
surtout de cannabis et d'alcool. Non seulement le cannabis est mauvais pour la santé mais il représente un véritable poison. La quantité de goudron que l'on y trouve est 50% plus importante que dans les cigarettes ! L'inhalation profonde de la fumée tel que la pratique ses usagers en accroît d'autant les méfait sur la santé. Plusieurs études démontrent que les impacts négatifs sur la santé sont nombreux, en autres, sur le développement foetal et le risque accru de développer un trouble dépressif ou même une schizophrénie! (3a et b)
Les campagnes qui sont menées depuis plusieurs années contre le tabagisme, qui sous plusieurs aspects ressemblent à une inquisition, ne risquent t'elles pas, si elles se poursuivent, d'engendrer un mal plus grand encore ? Les jeunes ont depuis toujours été enclins à consommer des drogues (alcool, cannabis, tabac, etc.) pour marquer leur passage à la vie adulte. Ce rite de passage, même si on peut le déplorer, est un fait de société. S'il est important de continuer à informer les jeunes sur les dangers du tabagisme, il l'est tout autant, sinon plus, de les informer sur les risques associés à la consommation de cannabis et des autres drogues. Des campagnes de préventions trop agressives qui diabolisent la consommation du tabac et des mesures de répression accrues chez ces jeunes utilisateurs de tabac, comme le propose la direction de la santé publique de Montréal Centre, ne risquent que d'amplifier le problème de la consommation de drogues plus dangereuses encore. La sobriété et la modération en matière de prévention a bien meilleur goût !
PS:Consulter cette recherche dans la section "Centre de doc." du site www.toxico.info *Pour en savoir plus: (1) Drogues et adolescence - Usages de drogues et contextes d'usage entre 17 et 19 ans, évolutions récentes ESCAPAD 2002. octobre 2003. -Document et article du Monde disponible dans notre centre de documentation ICI (2) Sur les modes d'action des drogues dans le système nerveux central, je vous invite à consulter la section neurobiologie (Dr.Sylvain Bartolami) sur le site www.toxico.info. (3) a- De nombreuses informations, références et documents proviennent de la section "Centre de doc." du site www.toxico.info. En autre, vous y trouverez une allocution du Dr. Sader où sont puisées de nombreuses statiques contenues dans ce texte. b- PS: Pour les personnes prédisposées, il y a un risque accru de développer une schizophrénie Aussi un excellent dossier de Radio France sur le sujet 'Abaltaba'. L'article d'Alain Dubois y est indexé dans leur rubrique de liens Par le même auteur: CANNABIS : Légalisation ou décriminalisation?
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