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- 19 août 2002
CANNABIS :
Légalisation ou décriminalisation?
Voilà une question à laquelle il n'y a pas selon moi de réponse simple ! Bien entendu, on ne peut être contre la vertu. La légalisation du cannabis et d'autres drogues serait moins "hypocrite " que leur décriminilisation. Les drogues et leurs consommations n'ont-elles pas toujours existé? Du moins depuis que chez l'homme est apparu une conscience d'être. Depuis Adam et Ève ! Interdire, prohiber leur usage ne donne rien puisqu'elles vont continuer à être consommées.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les deux drogues légales et donc les plus accessibles, l'alcool et le tabac (nicotine) sont les plus consommées et celles qui induisent le plus de décès direct et indirect. De plus, comment ne pas penser aux impacts qu'a eu la légalisation des jeux de hasard et d'argent sur le développement du jeu pathologique. Depuis que le gouvernement du Québec a légalisé les jeux de hasard et d'argent et pris la relève du crime organisé au niveau des casinos et des machines de vidéo-poker, le taux de prévalence pour ce type de dépendance a doublé! Il est passé de 1.2 % à 2.1 % chez les adultes. Chez les jeunes, les jeux de hasard et d'argent arrivent au premier rang devant la consommation d'alcool, de tabac et de stupéfiants! (le Jeu 30% (sec.1), 37% (sec.5) ; l'alcool 7,4% (sec.1), 20% (sec.5) ; les stupéfiants 3,5% (sec.1), 26% (sec.5) ; la cigarette 7% (sec.1), 31% (sec.5) (Centre international pour l'étude, le traitement et la prévention du jeu chez les jeunes de l'Université McGill). En terme de santé publique la gestion par l'État des jeux de hasard et d'argent a donc eu des conséquences plus néfastes que lorsqu'ils étaient contrôlés par le crime organisé! Cette attitude désinvolte et irresponsable de l'État dans la gestion des jeux d'argent et de hasard démontre que nos gouvernements ne semblent avoir d'autre morale que celle de son absence. Le capitalisme n'a-t-il pas comme corollaire la quête de profits, une valeur que semblent partager les entreprises privées et les gouvernements qui gèrent les industries des "dépendances". Pourquoi en serait-il autrement avec le cannabis?
Se prononcer pour ou contre la légalisation du cannabis et des drogues ne signifie rien sans débat public sur le rôle (et mandat) de l'État dans la gestion des drogues (tout comme celle d'ailleurs des jeux de hasard et d'argent). Celle-ci, ne devrait être guidée que par des stricts motifs de santé et de sécurité publiques c'est à dire d'empêcher le crime organisé d'en tirer profit et ainsi réduire la criminalité qui lui est reliée; réduire les conséquences et les impacts sur la santé que leur consommation peut avoir sur les
individus...
Alain Dubois
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