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Transfert,contre-tranfert (suite 2)
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personne mauvaise et destructrice, les poussera à chercher à avoir une attitude protectrice envers le thérapeute et à protéger l’idéalisation en gagnant l’approbation de celui-ci. Cela peut aussi produire chez le thérapeute des sentiments semblable (contre-transfert négatif ou surprotection).

Toutes ces attitudes de contre-transfert peuvent 1) détruire les chances de guérison du patient ;  2) affaiblir son  épreuve de la  réalité  et 3)  encourager le déni de la sévérité du problème de consommation.

Notons enfin que les sentiments contre-transférentiels possibles coïncident avec ceux souvent induits par les patients suicidaires, à cause de la qualité auto-destructive de la toxicomanie et du jeu pathologique et d’un haut taux de suicide chez ces clientèles (Weiss, 1994). 

Contre-transfert du thérapeute (transfert inconscient du thérapeute face au client)

Quelquefois les deux types de contre-transfert peuvent se rejoindre (Imhof, Hirsch & Tarenzi, 1984 ; Rosenthal & Rugle, 1994 ; Weiss, 1994). Par exemple, les émotions, fantasmes et pulsions en lien avec l’abus de substances psychotropes et de jeu sont existants chez toutes personnes, donc chez le thérapeute aussi. Des sentiments très puissants peuvent donc être évoqués chez celui-ci, étant donné que le phénomène de dépendance fait écho (« tap ») à des aspects moins matures, moins conscients et irrésolus de son propre développement éveillant la nostalgie du fantasme de gratification totale de tous les besoins : régression au stade oral (boire et consommer oralement)  pouvant susciter de la colère et du ressentiment de la part de l’intervenant par  rapport à l’apparente gratifications des pulsions infantiles par le client, gratification à laquelle il a du renoncer ; régression au stade de fusion ; perte du test de la réalité et de la conscience, évoquant des images de l’état fœtal (intoxication) ; sentiment d’omnipotence ; insatiabilité pouvant susciter la colère face aux demandes incessantes. Des sentiments contre-transférentiel peuvent aussi émerger en écho aux pulsions et peurs au sujet de l’échec à garder le contrôle sur les impulsions. Cette colère peut s’exprimer directement par un rejet du patient par le clinicien ou bien celui-ci peut se défendre de l’angoisse suscitée par cette émotion par une formation réactionnelle sous la forme d’une trop grande indulgence ou d’une attitude permissive.  Le thérapeute doit être prêt à assumer une position qui lui permette d’empathiser avec les sentiments d’omnipotence de son client en tenant compte de ce phénomène (la rage et l’envie que cela peut provoquer chez-lui). Sinon, les réactions punitives qui peuvent s’ensuivrent coïncident avec les tendances d’autopunition du patient qui viennent de son sentiment de culpabilité et de sa basse estime de soi.

Les toxicomanes et les joueurs compulsifs s’attendent à un manque de compréhension lié à la morale, accompagné par un rejet et même un mauvais traitement dû à un surmoi constitué des identifications aux cultures, valeurs et standards des parents face à l’abus de drogues et de jeu. La  réponse contre-transférentielle est souvent en parallèle à ce transfert, puisque les messages parentaux et culturels expérimentés dans le début de la vie par le thérapeute sont souvent similaires à ceux vécus par le patient.

De plus, du fait que ces patients sont extrêmement demandants et exprime des fantasmes oraux insatiables et sans limite, l’analyste devra faire face à ses peurs d’être dévoré ou détruit et ainsi, se trouveront souvent concerné par l’enjeu  de leur en « donner trop » ou « pas assez ». Cela peut mener au « burn out » qui est un mécanisme de retrait et de protection face à des demandes orales trop fortes et non perçues consciemment et dont le thérapeute ne peut donc se défendre autrement, par exemple en les nommant dans la thérapie avec le client ( Rosenthal, 1994 ; Shaffer, 1994).

De plus, nous croyons que le clinicien peut ressentir un certain inconfort face à cette clientèle du fait qu’elle peut le retourner à sa propre consommation et/ou à celle d’un proche.

Enfin, nous pouvons aussi penser que les thérapeutes non expérimentés ou narcissiques peuvent réagir à l’idéalisation et au discours brillant (superficialité intellectuelle) des joueurs pathologiques par une satisfaction de l’ego plutôt que de faire face aux enjeux plus difficiles de la thérapie, tout en les empêchant de voir à quel point le client est mal en point.

 

Le contre-transfert général face à la clientèle

Le contre-transfert précède toujours le transfert (Scarfoné, 1999). C’est pourquoi il nous semble important de s’attarder au contre-transfert général face à la clientèle.

Selon les auteurs consultés, ce type de clientèle apporte des problèmes particuliers, entre autre la difficulté de rendre à terme la thérapie. On s’est longtemps contenté d’expliquer ce phénomène par l’inefficacité de la technique utilisée ou par le manque de motivation des patients, négligeant ainsi de prendre en compte le rôle du thérapeute (Imhof, Hirsch & terenzi, 1994 ; Weiss, 1994). Ainsi, nous avons observer un manque d’intérêt envers le contre-transfert avec cette clientèle, tel qu’illustrée par le peu d’étude consacrée à ce sujet. Peut-être est-ce la manifestation d’un contre-transfert collectif (hésitation, répugnance et mauvaise volonté face à cette clientèle) ? 

Pourtant, l’étude des manifestations transférentielles reliées à cette clientèle est particulièrement pertinente puisque les consommateurs de drogues et les joueurs pathologiques ont depuis toujours susciter chez les gens des préjugés et/ou des opinions fortement teintées émotionnellement. On n’a qu’à penser aux différents noms avec lesquels ils sont désignés : « junkie », « accros », « gamblers », etc. et au sentiment qu’ils sont impossibles à traiter, irresponsables, voir dangereux.

De plus, nous croyons qu’il est possible que ce contre-transfert « social » réduise, sinon élimine, l’opportunité pour le patient toxicomane ou joueur d’émerger du traitement avec un sentiment d’être une personne complète en soi et non seulement un toxicomane ou un joueur. Personne n’est indifférente face à un toxicomane et le thérapeute n’échappe pas à cet effet.  Les sentiments hostiles peuvent être exprimés ouvertement et consciemment, ou peuvent opérer de telle façon que le patient et le thérapeute sont inconscients de leurs présences.

Cependant, on commence à reconnaître que le clinicien travaillant avec des toxicomanes et des joueurs compulsifs peut en fait, vivre une grande quantité de sentiments négatifs et posséder des attitudes tout aussi négatives envers ceux-ci, consciemment ou inconsciemment, diminuant ainsi la possibilité d’un diagnostique et d’un traitement objectif et efficace.

Néanmoins, ces risques ont pour conséquence d’inférer chez les thérapeutes en général des attitudes de cynismes, d’attentes irréalistes, d’hostilité, d’indifférence face aux plaintes réelles, de préjugés (ex : les toxicomanes ou les joueurs sont tous des menteurs) et l’impression que c’est une perte de temps et d’argent que d’essayer de les traiter. Ceci peut mener à une décharge du patient qui serait davantage reliée à l’armure défensive du thérapeute et à ses croyances,  qu’au  client.

Selon Weiss (1994), les intervenants se désintéressent donc assez facilement de ces clients. Selon nous, le manque de connaissances données dans les divers programmes d’étude sur les toxicomanes et les joueurs pathologiques (en comparaison, par exemple, aux obsessifs-compulsifs), implante le message chez les thérapeutes que cette population n’est pas une priorité. Il pourrait s’agir d’un contre-transfert en résonance à la considération qu’on les toxicomanes et les joueurs pathologiques d’eux-mêmes comme ayant peu de valeur (faible estime de soi). Ce désintéressement du milieu thérapeutique entraînant un manque de motivation, une baisse de fonds et de ressources, etc. qui renvoie l’image au client qu’il ne vaut pas grand chose.  Comme tout contre-transfert, il permet de prendre conscience de quelque chose qui se joue dans l’actuel et fait partie de l’inconscient du client, i.e. dans ce cas, une image de soi faible, une action masochiste (ne pas bien s’occuper de soi) et un déni de l’importance ou de l’existence du problème.

Nous croyons aussi que certains aspects du cadre peuvent être influencés par une attitude contre-transférentielle envers la clientèle. Par exemple, le clinicien peut faire la demande au client qu’il arrête sa consommation avant de commencer un traitement, sans toutefois demander, ni même espérer qu’il abandonne ses autres symptômes, comme par exemple une relation de dépendance affective. Tout comme il ne demandera pas à un client obsessif-compulsif de cesser ses rituels comme conditions de traitement ! Cependant, il est possible de demander que le client soit sobre pendant les séances, pour des raisons d’efficacité du traitement (ex : afin que le client soit apte à ressentir des affects durant les séances). De la même façon, certains psychologues cesserons le traitement pour cause de rechute. Ainsi la raison de la prise en charge devient la raison de la décharge du patient. En ce sens, la politique de réductions des méfaits (viser des améliorations plutôt que l’abstinence comme but premier) pratiquée par un nombre croissant d’institution et de cliniciens, nous semble plus réaliste et moins contre-transférentielle. N’oublions pas qu’il est préférable d’obtenir un équilibre entre l’attitude punitive rigide et la permissivité. 

Réflexions sur la façon de bien gérer le contre-transfert

Tous les auteurs consultés s’entendent pour dire que le contre-transfert doit être reconnu, analysé et servir dans la thérapie. À la lumière des lectures effectuées et des divers éléments de réflexion exposés dans ce travail, nous croyons que le thérapeute doit être conscient de l’imagerie sociale reliée aux toxicomanes et aux joueurs compulsifs. Il doit connaître et savoir reconnaître les émotions qui peuvent être induit chez lui par ce type de patients. Optimalement, il devrait être émotivement et cognitivement réceptif à recevoir, reconnaître et analyser les intenses sentiments générés par ceux-ci. Il incombe donc au thérapeute de continuellement