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Transfert,contre-tranfert (suite 3)
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examiner ses interventions verbales et non verbales afin de déceler les indications de contre-transfert anti-thérapeutique (ex : sollicitude trop grande, remarques hostiles, interventions pour soi, prématurées ou non nécessaires ainsi que toutes les réactions affectives potentielles) et d’identifier ce qui s’exprime des conflits du client dans ces manifestations du contre-transfert afin de le nommer avec lui plutôt que de l’agir inconsciemment comme il le fait lui-même.  Le rôle de la supervision clinique continue peut s’avérer très efficace et nécessaire, tout comme le travail en équipe. Il nous semble aussi important d’être en contact avec les autres personnes traitant le client afin d’avoir la possibilité d’exprimer ses sentiments contre-transférentiels, d’obtenir du support et un  regard objectif sur notre contre-transfert, mais aussi pour identifier et éviter le clivage entre les différents intervenants.

De plus, il nous semble qu’il serait souhaitable que le thérapeute se familiarise de façon continuelle avec une plus grande compréhension des facteurs psychologiques qui précipite la consommation impulsive de drogue ou de jeux. Ceci, par des ateliers, des séminaires, etc. afin de comprendre les raisons cliniques à la base de certains contre-transferts et ainsi mieux en percevoir les manifestations. Une meilleure connaissance de la problématique peut aussi aider à amoindrir le transfert négatif à la clientèle en général, tout comme le fait de toujours essayer de mieux connaître et comprendre quelles sont ses valeurs personnelles et ses attitudes face à des individus qui s’injecte ou ingère de gré des substances chimiques dangereuses pour leur santé ou s’activent à tout perdre au jeu : argent et famille.  Y a t’il intolérance totale ou répulsion trop forte et rigide (ex : trouver que c’est effrayant et « mauvais », sans chercher à comprendre pourquoi le client le fait) ou bien une acceptation trop grand de ce comportement ? Puisque selon Scheffer, (1994), il est important de pouvoir accepter les deux pôles de l’ambivalence face au comportement de consommation, sans pour autant privilégier à l’excès l’un d’eux. Ceci afin que le client lui-même en viennent à reconnaître ces deux pôles pour pouvoir faire le deuil des avantages de son comportement (ex : soulagement de l’anxiété) et vouloir changer à cause des inconvénients de celui-ci.  Enfin, il nous paraît important de réfléchir sur notre contre-transfert, par exemple, en se demandant pourquoi on s’intéresse à cette clientèle et de veiller à avoir le plus possible résolu ou pris conscience de nos enjeux narcissiques (surtout avec une clientèle de joueurs). Enfin, nous croyons qu’il est important de ne pas se laisser emporter par l’énorme ambivalence, rage et prise de distance induites par ces patients.

Enfin, Imhof, Hirsch & Tarenzi (1984) ; Weiss (1994) ; Shaffer (1994) et Rosenthal & Rugle (1994) mentionnent aussi des spécifications contre-transférentielles concernant les ex-toxicomanes et ex-joueurs thérapeutes (identification au client, possibilité plus grande de réactions dissociatives, etc.). Ceux-ci doivent porter une attention particulière au contre-transfert (transfert du thérapeute sur le client). Ils mentionnent également les possibilités de contre-transfert propices au sein des équipes de traitement (ex : clivage entre les membres) et envers les autres intervenants (ex : se sentir en « compétition » avec les Gamblers Anonymes).

CONCLUSION

Comme le note Imhof, Hirsch & Tarenzi (1984), les différences personnelles chez les patients et les thérapeutes font apparaître et permettent une multitude de réponses transférentielles et contre-transférentielles. Ainsi, le contre-transfert en réponse au transfert d’un client spécifique devra être examiné avec chaque client rencontré.

Pour terminer, rappelons-nous que le contre-transfert précède toujours le transfert. Étant donné que nous travaillerons l’an prochain avec des toxicomanes dans le cadre de notre internat, peut-être faut-il voir ce travail comme résultant d’un début de contre-transfert de notre part envers cette clientèle! Il s’agit en tous les cas, de l’amorce d’un processus de questionnement qui, comme nous l’avons vu plus haut, est essentielle à la gestion du contre-transfert.