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examiner ses interventions
verbales et non verbales afin de déceler les indications de
contre-transfert anti-thérapeutique (ex : sollicitude trop grande,
remarques hostiles, interventions pour soi, prématurées ou non nécessaires
ainsi que toutes les réactions affectives potentielles) et
d’identifier ce qui s’exprime des conflits du client dans ces
manifestations du contre-transfert afin de le nommer avec lui plutôt
que de l’agir inconsciemment comme il le fait lui-même.
Le rôle de la supervision clinique continue peut s’avérer très
efficace et nécessaire, tout comme le travail en équipe. Il nous
semble aussi important d’être en contact avec les autres personnes
traitant le client afin d’avoir la possibilité d’exprimer ses
sentiments contre-transférentiels, d’obtenir du support et un
regard objectif sur notre contre-transfert, mais aussi pour
identifier et éviter le clivage entre les différents intervenants.
De plus, il nous semble
qu’il serait souhaitable que le thérapeute se familiarise de façon
continuelle avec une plus grande compréhension des facteurs
psychologiques qui précipite la consommation impulsive de drogue ou de
jeux. Ceci, par des ateliers, des séminaires, etc. afin de comprendre
les raisons cliniques à la base de certains contre-transferts et ainsi
mieux en percevoir les manifestations. Une meilleure connaissance de la
problématique peut aussi aider à amoindrir le transfert négatif à la
clientèle en général, tout comme le fait de toujours essayer de mieux
connaître et comprendre quelles sont ses valeurs personnelles et ses
attitudes face à des individus qui s’injecte ou ingère de gré des
substances chimiques dangereuses pour leur santé ou s’activent à
tout perdre au jeu : argent et famille.
Y a t’il intolérance totale ou répulsion trop forte et rigide
(ex : trouver que c’est effrayant et « mauvais »,
sans chercher à comprendre pourquoi le client le fait) ou bien une
acceptation trop grand de ce comportement ? Puisque selon Scheffer,
(1994), il est important de pouvoir accepter les deux pôles de
l’ambivalence face au comportement de consommation, sans pour autant
privilégier à l’excès l’un d’eux. Ceci afin que le client lui-même
en viennent à reconnaître ces deux pôles pour pouvoir faire le deuil
des avantages de son comportement (ex : soulagement de l’anxiété)
et vouloir changer à cause des inconvénients de celui-ci.
Enfin, il nous paraît important de réfléchir sur notre
contre-transfert, par exemple, en se demandant pourquoi on s’intéresse
à cette clientèle et de veiller à avoir le plus possible résolu ou
pris conscience de nos enjeux narcissiques (surtout avec une clientèle
de joueurs). Enfin, nous croyons qu’il est important de ne pas se
laisser emporter par l’énorme ambivalence, rage et prise de distance
induites par ces patients.
Enfin, Imhof, Hirsch &
Tarenzi (1984) ; Weiss (1994) ; Shaffer (1994) et Rosenthal & Rugle
(1994) mentionnent aussi des spécifications contre-transférentielles
concernant les ex-toxicomanes et ex-joueurs thérapeutes (identification
au client, possibilité plus grande de réactions dissociatives, etc.).
Ceux-ci doivent porter une attention particulière au contre-transfert
(transfert du thérapeute sur le client). Ils mentionnent également les
possibilités de contre-transfert propices au sein des équipes de
traitement (ex : clivage entre les membres) et envers les autres
intervenants (ex : se sentir en « compétition » avec
les Gamblers Anonymes).
CONCLUSION
Comme le note Imhof, Hirsch
& Tarenzi (1984), les différences personnelles chez les patients et
les thérapeutes font apparaître et permettent une multitude de réponses
transférentielles et contre-transférentielles. Ainsi, le
contre-transfert en réponse au transfert d’un client spécifique
devra être examiné avec chaque client rencontré.
Pour terminer, rappelons-nous
que le contre-transfert précède toujours le transfert. Étant donné
que nous travaillerons l’an prochain avec des toxicomanes dans le
cadre de notre internat, peut-être faut-il voir ce travail comme résultant
d’un début de contre-transfert de notre part envers cette clientèle!
Il s’agit en tous les cas, de l’amorce d’un processus de
questionnement qui, comme nous l’avons vu plus haut, est essentielle
à la gestion du contre-transfert.
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